Une contribution à l’inventaire du quinquennat de F. Hollande

« Dans le cadre de la réflexion sur la démocratie française et européenne de la mission ouvrière, vous lirez la contribution personnelle que Régis Moreira, ACO équipe de Meylan, a envoyée au chantier national du PS concernant l’inventaire du quinquennat de Francois Hollande.

Il s’agit de faire partager sa réflexion sans pour autant rechercher une adhésion , cela reste une contribution personnelle qui peut aider à la réflexion , nous avons tous besoin de ces échanges !   » Jackie Giroud – Responsable de la MO Grenoble

 

Qui est-il?
Régis Moreira – 63 ans – Retraité d’Orange / France Télécom / PTT – syndiqué CFDT depuis 1976 – Responsable associatif – Marié, 2 enfants (1984, 1985) – Adhère au PS Isère depuis décembre 1996 – Trésorier de la section PS Grenoble VO-VM 2004-2018 – membre du comité de secteur de l’ACO de Grenoble depuis 2016.

Sa contribution:

Je vais tenter de faire un inventaire du quinquennat de François Hollande, certainement un peu partial et très partiel, à partir des valeurs républicaines, humanistes, sociales, démocratiques, écologistes, de résistance et de coopération qui m’animent, et qui sont portées par le parti socialiste et les mouvements variés de gauche ayant envie de transformer la réalité des classes moyennes et populaires, en imposant par les urnes et mobilisations citoyennes les rapports de force nécessaires envers les classes riches dominantes, à travers un débat démocratique exigeant.

Je me suis engagé au Parti socialiste, afin de renforcer la démocratie et de résister à la montée de l’extrême droite…hélas !

J’ai le sentiment, pendant toutes ces années au PS, que mon avis était assez peu écouté, et que je n’étais considéré que pendant les campagnes électorales…ce qui me laisse un peu dubitatif…!

Je compte me mobiliser pour les élections européennes, afin de faire entendre la voix écologique et sociale-démocrate au parlement européen pour un désir partagé avec tous les européens d’une bonne qualité de vie en Europe.

Je compte m’engager localement, avec les camarades de la section de la ville Grenoble et de la métropole, dans une démarche de participation et de rassemblement pour bien vivre ensemble, afin d’élaborer un projet d’orientation politique pour Grenoble en vue des élections municipales de 2020.

Si François Hollande en tant que premier secrétaire du PS, ne m’a jamais enthousiasmé, je pensais en écoutant le discours du Bourget lors de la campagne présidentielle de 2012, qu’il avait un plan quand il disait : « mon ennemi est la finance ».

Je pensais qu’il s’emploierait au plan international : lutte contre les paradis fiscaux, régulation des multinationales en les obligeant à plus de transparence, lutte contre la corruption…Et au plan européen : révision du traité de Lisbonne dans une version moins libérale imposant une régulation, convergence des régimes fiscaux et sociaux, SMIC par pays…

OR PEU a ETE REALISE, ce n’était qu’un slogan de campagne comme celui « le changement, c’est maintenant ! »

Le premier changement réel du quinquennat HOLLANDE : AUGMENTATION DES IMPOTS des classes moyennes SANS REFORME/REFONTE des impôts avec ses niches fiscales, dès la rentrée de 2012.

Ce qui a surpris beaucoup des électeurs / collègues qui avaient voté pour Hollande. Après cet épisode, la communication avec les citoyens, était beaucoup plus difficile pour faire passer la pédagogie des réformes qui allaient dans le bon sens…

Le deuxième changement : le ministre du budget, J. Cahuzac chargé de traquer la fraude fiscale en France est lui-même un fraudeur ayant un compte en Suisse et à Singapour. Cette affaire révélée par Médiapart dès décembre 2012, a perturbé beaucoup de militants socialistes, de citoyens, et d’électeurs ayant voté F. HOLLANDE. Cette affaire est à l’origine de beaucoup de défiance envers les socialistes. Car « droit dans les yeux du parlement » ce ministre a menti avec un aplomb incroyable, trompant F. HOLLANDE lui-même. Le mal était fait, même si des lois de transparence de la vie publique ont été votées à la suite de cette affaire et celle de cette maladie de « phobie administrative » d’un autre ministre socialiste ayant oublié de payer ses impôts.

Ce qui caractérise ce quinquennat est le RENONCEMENT à livrer la bataille avec les forces dominantes de la finance et des forces de l’extrême droite, ce que s’est traduit par leurs RENFORCEMENTS et la SOUMISSION CULTURELLE à ces forces dominantes.

Mettant les députés et sénateurs devant le fait accompli, sans débat préalable, sans kit pédagogique pour les militants de terrain…

Alors que pour la première fois, il y avait une assemblée de gauche et le sénat à majorité à gauche, nous avons renoncé à mener la bataille de conviction pour le DROIT DE VOTE DES ETRANGERS. En tant que militant des droits de l’homme ce fût une grande déception, de ne pas avoir engagé ce combat législatif.

Si l’attitude digne de François Hollande et des gouvernements a été REMARQUABLE lors des attentats, je ne comprends toujours pas pourquoi  fut proposée au congrès la DECHEANCE de NATIONALITE, qui ne résout aucun problème et ne fait peur à aucun kamikaze déterminé.

J’ai regretté que l’immense élan populaire du 11 janvier 2015 n’a pas été suivi d’un travail collectif de débat démocratique autour de la valeur républicaine de la Fraternité, alors que des mouvements le demandaient afin de donner un contenu citoyen et républicain à cette valeur autour de l’hospitalité, la laïcité, la non-violence, la bienveillance, la tolérance, la solidarité, la spiritualité, l’humanisme….

J’ai beaucoup apprécié l’intervention Serval des forces françaises au Mali en janvier 2013, afin de soutenir les troupes maliennes cherchant à repousser une offensive des groupes armés islamistes.

J’ai apprécié que B. CAZENEUVE redonne des moyens aux forces de l’ordre afin d’accomplir leurs missions, mais hélas en nombre insuffisant afin de rétablir l’ordre républicain dans tous les quartiers, alors que N. SARKOZY avait dégraissé les effectifs de 13 000 postes.

Le soutien timide à la reconversion à la filière de l’agriculture biologique avec S. LE FOLL, a été pour moi une avancée significative n’allant pas assez loin vers un soutien à l’agriculture paysanne biologique. Je salue la lutte contre les lobbys de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la chimie même s’ils n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. La lutte contre le réchauffement climatique et la diminution des gaz à effet de serre ont été très insuffisants.

J’ai beaucoup apprécié la loi de transition énergétique pour la croissance verte, d’août 2015 portée par S. ROYAL, visant à préparer l’après pétrole et à instaurer un modèle énergétique robuste et durable face aux enjeux d’approvisionnement en énergie, à l’évolution des prix, à l’épuisement des ressources et aux impératifs de la protection de l’environnement.

J’estime que le SUCCES de la COP 21 de décembre 2015 dû au talent des principaux acteurs (S. ROYAL, L. FABIUS, N. HULOT, L. TUBIANA) a marqué ce quinquennat, mais qui n’a pas permis de changer le modèle économique, ni engagé les changements nécessaires pour anticiper et engager la trajectoire pour un réchauffement de 1.5°C, en réorganisant le  mix énergétique de la France, développant des actions sur le logement, les transports, les industries…dans ce nouveau cadre de contraintes.

Si l’attente de l’inversion de la courbe du chômage (celle du pôle emploi ou de l’INSEE) a marqué les esprits, les moyens mis en œuvre me laissent très perplexe entre le pacte de compétitivité, le pacte de responsabilité, le CICE et d’autres mesures favorables aux entreprises et aux actionnaires sans ciblage, ni fléchage contraignant.

Les exigences ou contreparties en termes d’emplois étaient très faibles face aux milliards offerts du CICE au détriment par exemple des dotations aux collectivités locales baissant, pour satisfaire les critères de Maastricht de 1993, mettant en difficulté ces services publics de proximité. Alors qu’il fallait aider les PME/ TPE dans leur confiance à investir et ne pas baisser la garde pour les écosystèmes économiques et sociaux de proximité et de solidarité.

J’ai beaucoup apprécié la démarche des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle portés par Arnaud MONTEBOURG en septembre 2013, même s’il manquait celui sur le data/numérique, alors que Macron lui succédant, à Bercy, les a réduits à 10…

J’ai approuvé le décret du 14 mai 2014, pris par A. MONTEBOURG, soumettant certains investissements étrangers dans des secteurs stratégiques (énergie, transport, télécom, eau, santé) à autorisation préalable afin d’éviter que des savoirs faire et des technologies nationales soient détournées par des groupes peu scrupuleux.

Les 150 000 emplois d’avenir ont créé les conditions d’insertion un peu moins précaires dans le monde du travail, et nous avons vus les dégâts de la suppression des contrats aidés par E. Macron, dans les associations, écoles et collectivités locales.

J’ai déploré qu’en matière de logement la construction aux nouvelles normes (handicap, énergie…) n’a pas été suffisante, afin de résorber le déficit de logement depuis plus de 15 ans dans ce secteur. J’ai été attentif à La loi ALUR portée par C. DUFLOT ayant pour objectif de « réguler les dysfonctionnements du marché, à protéger les propriétaires et les locataires, et à permettre l’accroissement de l’offre de logements dans des conditions respectueuses des équilibres des territoires », l’encadrement des loyers dans les zones les plus tendues est une bonne mesure qui aurait dû être étendue à plus de zones.

J’ai beaucoup apprécié que la formation des professeurs par les ESPE, supprimée par N. SARKOZY, soit rétablie avec l’embauche de plus de 50 000  professeurs, alors que l’UMP avait supprimé 80 000 postes avant 2012. Ces embauches par la gauche ont permis à JM. Blanquer de réaliser sa réforme du dédoublement des CP sans embaucher dès sa première rentrée en 2017, sans effort particulier puisque le gouvernement HOLLANDE avait budgété les moyens nécessaires.

J’ai soutenu les projets de réforme à l’éducation nationale, portés par Najat VALLAUD BELKACEM, comme la réforme des collèges, ou la mise en œuvre loi de refondation de l’école initiée par V. PEILLON qui a également initié la réforme des rythmes scolaires qui par manque de préparation et de pédagogie n’a pas su s’imposer auprès des parents, des collectivités et des enseignants, alors que le principe d’apprendre autrement dans le cadre du périscolaire, en réfléchissant aux temps de l’enfant était bon. C’est une réforme mal faite, alors que c’est un vrai sujet de changement…pour la qualité de vie des enfants.

J’ai apprécié l’intégration scolaire de plus de 227 000 enfants handicapés, avec la titularisation des 28 000 auxiliaires de vie scolaire.

Le développement massif de l’apprentissage, plus de 430 000,  a été une très bonne mesure pour les jeunes et les entreprises, il a permis de revaloriser cette démarche de formation qui avait été dévalorisée pendant des années et où de plus en plus de formations post-bac recourent à l’apprentissage pour les études supérieures, même si quatre apprentis sur 10 préparent le CAP.

Je ne suis pas du tout sûr que la loi portée par A. VALLINI, la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (Loi NOTRe) en substituant à la clause de compétence générale « des compétences précises confiées par la loi à un niveau de collectivité » soit une très  bonne loi de décentralisation et clarification des compétences territoriales, tant ce fut confus dans les principes où chaque collectivité a interprété la loi à sa façon.

Mais, ce n’est que mon avis de citoyen, non compétent techniquement sur ce sujet, je ne suis pas élu de collectivité locale. Cette loi a manqué de pédagogie auprès du grand public. Il faudra faire une évaluation objective d’ici au moins une dizaine d’années de cette loi qui demande du temps, afin d’en voir les bienfaits de ce processus d’organisation des compétences sur les territoires …

Cette loi constituant le troisième volet de la réforme des territoires souhaitée par le Président de la République, après la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Grenoble devenant métropole à l’arraché après le forcing de M. DESTOT), oubliant et délaissant les territoires ruraux et le projet de loi relatif à la délimitation de nouvelles régions bien trop vastes et sans unité culturelle. Ainsi la région Auvergne Rhône Alpes, a au moins six identités culturelles très distinctes : Auvergne, la vallée du Rhône, le pays ligérien, la métropole de Lyon, la Bresse et le sillon alpin aux besoins et potentiels très différents, avec des risques de traitements des territoires très différenciés, voire d’abandons. Certaines fortes personnalités socialistes ont réussi a gardé les frontières de leur région…

J’ai apprécié la loi sur la limitation du cumul des mandats, enfin ! À partir de 2017 et malgré l’opposition de la droite, il ne sera plus possible pour un parlementaire de cumuler sa fonction avec un rôle d’exécutif dans une collectivité territoriale.

Je remercie F. HOLLANDE d’avoir tenu bon face aux mobilisations monstres organisées par la « manif pour tous », « sens commun » …et soutenues par l’église catholique contre la loi du mariage pour tous, portée brillamment par C. TAUBIRA qui a déclaré : Il était de la « responsabilité politique et éthique de porter avec courage cette réforme qui partage et étend les libertés« . J’apprécie qu’il ne se soit pas engagé sur la PMA et la GPA où les problèmes de filiations sont de nature plus complexes, posant de nombreux problèmes éthiques et moraux, notamment ceux de la place pour l’enfant des vrais géniteurs.

La loi de 2015, d’Adaptation de la Société au Vieillissement (ASV), était nécessaire, la droite avec N. Sarkozy en avait beaucoup parlé pendant cinq ans sans rien faire, même si l’application de cette loi ASV est disparate et hétérogène d’un territoire à l’autre, car l’essentiel de sa déclinaison a été confié aux acteurs locaux. Il peut en résulter simultanément des bonnes pratiques qui inspirent et des inégalités territoriales qui s’aggravent.

Le tiers payant obligatoire est une bonne mesure qui depuis est remise en cause par E. Macron.

Je remercie F. HOLLANDE d’avoir su pendant son quinquennat rétablir les comptes de la sécurité sociale, permettant de préserver notre système de solidarité sociale, même si cela fut très difficile à réaliser.

Je pense que la loi A. CLAES très mesurée, d’accompagnement des personnes en fin de vie, permet de renforcer le droit à mourir dans la dignité, évitant les excès liés à l’euthanasie,  afin d’offrir de nouveaux droits aux malades et mieux respecter leurs directives anticipées.

J’aurais aimé que le délit de solidarité afin d’aider des migrants de façon désintéressée soit complètement abrogé, j’ai été révolté sous ce quinquennat par les arrestations des personnes effectuant leur devoir de solidarité, dans un esprit de fraternité.

Je pense que depuis 2002 avec les lois Aubry concernant les 35 heures sans embauche suffisante, les personnels des hôpitaux souffrent des manques chroniques d’effectifs. Ce quinquennat n’a pas su donner les moyens à l’hôpital public de remplir ses missions  dans de bonnes conditions de travail aux personnels soignants. Il est dommage qu’il ait fallu attendre E. Macron pour que soit supprimé le numérus clausus pour les étudiants en médecine.

J’ai apprécié dans un premier temps la démarche de F. HOLLANDE de consulter les syndicats avant de légiférer concernant les lois sociales, mais oh combien je fus déçu de voir l’autisme, l’enfermement lors de la loi révisant le code du travail, comme si l’écriture de cette loi portée par M. EL KHOMRI était imposée par la FINANCE / PATRONAT ou par… E. MACRON. La démarche de co-construction était trahie, la sociale démocratie à la française en prenait un sérieux coup…d’où des violences que je ne cautionne pas du tout notamment envers les forces de l’ordre,

J’ai apprécié la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire, loi portée par B. HAMON. La loi du 31 juillet 2014 est venue donner à l’ESS le cadre juridique qui lui manquait, sécurisant par là-même les modalités de fonctionnement de ses acteurs mais aussi de leurs relations avec les collectivités locales. J’ai apprécié la création de l’action de groupe à la française, permettant aux associations de consommateurs d’assigner en justice les professionnels commettant des abus.

J’ai apprécié que la gauche au pouvoir, laisse les juges faire leur travail, le temps des pressions, des commentaires et des mutations de circonstance, très fréquentes sous le précédent quinquennat,  était révolu. J’ai déploré que l’on ne donne pas les moyens nécessaires pour assurer une justice de qualité pour tous les citoyens. J’ai apprécié que C. TAUBIRA avec la loi pour une justice du 21ème siècle recherche des alternatives à la prison, afin de diminuer le taux de récidives

J’ai apprécié la mise en place du compte pénibilité, à partir de 2016, l’instauration des droits rechargeables à l’assurance chômage, depuis le 1er octobre 2014 et la mise en œuvre du compte personnel d’activité, porté par F. REBSAMEN en 2015, entré en vigueur au 1er janvier 2017, permettant à chaque salarié de réunir et d’accéder à tous les droits acquis au long de sa carrière tant en matière de formation, de chômage ou de pénibilité. Il est ouvert dès que le salarié entre sur le marché du travail. C’est une avancée sociale dont on pourra mesurer la portée dans quelques années, s’il n’est pas d’ici là remis en cause.

J’ai apprécié que la République soit plus sobre, avec la baisse de 30% des salaires du Président de la République et des ministres, avec une limitation de 1 à 20 les salaires dans la fonction publique.

Je crois au dialogue social mais pour dialoguer il faut être plusieurs à avoir envie de débattre, de développer ses arguments, contrer les régressions et d’aboutir à un compromis dans un accord gagnant-gagnant. Des rapports de force peuvent s’organiser, mais face à la surdité d’un pouvoir gouvernemental ou patronal, souvent cela aboutit à la colère débouchant sur des violences. La démocratie régule les conflits, sans violence. S’il y a des violences (ou suicides) cela veut dire que le processus démocratique n’a pas fonctionné correctement, nous sommes dans une situation de gagnant-perdant.

En tant que syndicaliste, j’aurai souhaité que les salariés soient représentés dans les conseils d’administration des entreprises, y compris dans les multinationales étrangères, avec droit de vote comme en Allemagne, que le statut social des entreprises ne soit pas que la recherche du profit, que les bas salaires et retraites soient davantage augmentés, que la distribution des bénéfices soient mieux partagées avec les salariés, que toutes les heures supplémentaires réalisées soient réellement payées, que les salaires et revenus annexes mirobolants des dirigeants soient découragés, que la transparence des comptes des multinationales soit contrôlable afin d’éviter l’optimisation ou évasion fiscale…

La loi du 28 mai 2013 sur l’université et la recherche portée par G. FIORASO va dans le bon sens, avec les changements dans la gouvernance des universités, voulue plus collégiale, mais aussi la perspective d’une trentaine de regroupements d’universités pour un travail en réseau plutôt qu’en concurrence.

Si le choc de simplification des 400 000 normes administratives française part d’un bon principe, force est de constater que malgré plus de 800 mesures, initiées par T. MANDON et ses successeurs, ce choc de simplification a  besoin de temps et de pédagogie pour en voir l’aboutissement concret pour les entreprises, administrations et particuliers. Or souvent ces simplifications se réalisent via le numérique, ce qui est une bonne chose, mais avec le risque d’une fracture sociale numérique importante, s’il n’y a pas l’accompagnement humain nécessaire pour expliquer les changements, dans des environnements sécurisés, ce qui demandent des investissements.

J’estime que lors de ce quinquennat de F. HOLLANDE, la France a tenu son rang en politique étrangère avec le succès de la COP21, que le Président de la République a assuré l’essentiel mais sans entendre ce que disait sa majorité sur les options économiques, les renoncements. Le manque d’écoute des parlementaires et des citoyens a généré un fossé grandissant avec la constitution de « frondeurs ». Ne renversons pas la situation, ce ne sont les « frondeurs » qui sont à l’origine du désamour des français, mais bien les choix de F. HOLLANDE et de M. VALLS qui théorisait les gauches irréconciliables.

L’homme F. HOLLANDE est un homme « normal », honnête n’ayant pas de « casserole », qui n’a pas joué à être le sauveur de la Nation, Bonaparte, Napoléon, ou Jupiter comme l’ont fait N. SARKOZY et E. MACRON. Il a manqué d’intuition dans le calendrier, de préparation à être Président, à l’époque en 2011 on voyait plutôt DSK…et lui premier ministre…la petite histoire dans un Sofitel à New York a dévié une trajectoire singulière dans l’Histoire de la France.

Je pense que c’était un homme relativement seul, dans sa vie personnelle et dans ses relations politiques, il n’avait pas constitué un courant de pensée au sein du PS, seuls quelques amis, si bien que j’ai eu l’impression que le premier ministre JM. AYRAULT avait parfois du mal à comprendre, à deviner et formuler la pensée de F. HOLLANDE. Qui peut dire sa pensée sur nombre de sujets, car il n’a jamais expliqué à la TV, sa vision du monde, les raisons de ses choix notamment en matière économique. On ne sait pas bien où on va, mais on y va… !

 

Pourquoi le PS est mal perçu par les citoyens, après les échecs successifs aux élections européennes, sénatoriales, régionales, départementales, municipales et puis pour finir présidentielle et législatives, alors qu’en 2012 le PS dominait la vie politique française ?

En épousant les thèses économiques libérales de la mondialisation, sans vrai consentement ni débat, le PS n’a su renouveler les propositions de la sociale démocratie, dans une période historique de transition écologique où le citoyen consomme des élus politiques, dans une logique de marché rapport qualité / prix, cherchant la bonne promotion de l’homme providentiel, où s’entremêlent le brassage des identités culturelles, sans s’ancrer dans l’Histoire des peuples sur un territoire, la France en Europe.

Le quinquennat de F. HOLLANDE n’a pas contrarié la marche du monde, car force est de constater qu’à l’échelle de l’Europe, voire du monde la nouvelle idée politique qui a la faveur des peuples est le nationalisme, le repli sur soi…

Se préparer à gouverner pour transformer les rapports de force, nécessite le renouvellement des idées dans le cadre de l’anthropocène, en approfondissant la démocratie où les citoyens participent sur de vrais enjeux, autour des valeurs de Justice, d’égalité, de liberté et de Fraternité.

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1 réponse à Une contribution à l’inventaire du quinquennat de F. Hollande

  1. zanotta A dit :

    Enfin l’écoute des gilets jaunes ! enfin une analyse très détaillée et réaliste concernant,l’économie, la politique , l’écologie tout cela porté par une personne chrétienne merci , depuis décembre je ne ressentais pas cela dans l’action catholique était-ce encore l’action catholique? De plus le syndicat dans lequel j’ai toujours milité bien que je ne cotise plus est loin de se montrer à l’écoute des gilets jaunes alors à qui s’en remettre? et les Européennes j’ai écouté sans savoir quel représentant parlait c’était le parti communiste et pourquoi pas? ou le socialisme mais???; vraiment je ne sais pas où on va/ merci encore pour cette réflexion A.

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